vendredi 16 février 2018


LE FEU SAUVAGE DE L'AMOUR... Yé Yé Yé Yé !

Certains d'entre vous se souviendront sûrement de cette chanson de Rock et Belles Oreilles…

En ces lendemains de St-Valentin, quelques personnes se retrouveront possiblement avec cette disgracieuse plaie sur les lèvres.

Le virus de l'herpès simplex (HSV-1) affecte, selon l'OSM, 67% de la population mondiale. Cependant il ne s'active pas systématiquement chez tout le monde. Certaines conditions comme une grande fatigue et un système immunitaire déprimé favorisent l'apparition des symptômes. Étant donné que plusieurs sont porteurs du virus en dormance, celui-ci peut être activé par un contact avec une personne infectée. Il existe cependant un autre facteur qui déclenche le processus et que nous allons regarder à travers la loupe de la Polarité.

Le si bien nommé feu sauvage implique l'énergie du Feu dont l'ex-motion parle de toute petite frustration jusqu'à la colère. Si celui-ci se situe sur les lèvres, cela fait référence au baiser, donc une  possible frustration dans l'intimité. Cette frustration peut être de deux ordres : soit je suis en colère contre mon partenaire et je veux (inconsciemment) le punir en faisant en sorte qu'il ne puisse pas m'embrasser, soit je suis en manque d'intimité et je peux alors être frustré de ne pas recevoir de baisers.

Une deuxième énergie entre ici en ligne de compte, il s'agit de l'Air qui régit notre relation à l'environnement. La peau est notre première frontière avec l'environnement et l'état de celle-ci reflète la qualité de cette relation. L'amincissement de la peau par exemple dans l'eczéma (ex aima), indique un besoin d'abolir cette frontière pour se rapprocher de l'environnement. À l'inverse, un épaississement de la peau indiquerait un désir de protection face à celui-ci. L'ulcération des lèvres est un amincissement de la peau dans une zone d'intimité qui  nous guide vers un manque affectif.

L'ex-motion de l'Air est l'insatisfaction, qui implique aussi le désir et l'envie. Dans des circonstances comme la St-Valentin, si je ne suis pas en couple (à moins que ce soit par choix), je peux envier les personnes qui le sont ou désirer l'être et en souffrir. Je peux aussi être en couple et souffrir d'une relation insatisfaisante en l'exprimant de cette façon.

Comment éviter que le corps exprime cette frustration, ce manque ? Hé bien, comme pour tous les mal-être, malaises et maladies, la première étape est d'en prendre conscience et la seconde est d'exprimer. Le préfixe ex signifie hors de et primer vient du latin pressio qui signifie pression, donc exprimer veut dire sortir la pression de soi.

S'il paraît simple d'apaiser son Feu en exprimant sainement sa frustration à son partenaire, même si ce n'est pas toujours facile, il est encore plus difficile, mais quand même possible, de rationaliser son manque affectif en acceptant cette réalité telle qu'elle est pour l'instant, sachant que dans l'impermanence des choses, tout passe et se transforme.

Comprendre le message qui s'exprime à travers une atteinte du corps quelle qu'elle soit, n'est pas inné et personne ne nous l'a appris. Heureusement il existe aujourd'hui plusieurs méthodes de décodage pour ce faire et la Polarité est selon moi, l'une des plus puissante car elle s'intéresse à l'aspect énergétique dont le corps physique n'est que la résultante et jamais la cause. Évidemment, il faut d'abord vouloir faire les liens corps-esprit et ensuite, avoir la patience d'apprendre petit à petit ce langage. En ce sens, je vous suggère la lecture de mon livre Guérir sa vie avec la Polarité qui vous donnera les informations de base pour intégrer ces notions à votre vie.

En terminant, je vous donnerais un petit truc pour atténuer les désagréments de ce feu sauvage. Rhus toxicodendron 7ch est un produit homéopathique (3 granules/jour pendant 3-4 jours)  qui, s'il est pris dès les tous premiers signes, peut faire passer le feu sauvage en mode guérison sans les brûlures et démangeaisons qui l'accompagnent habituellement. Il faut évidemment être à l'écoute de soi pour le sentir avant même qu'il ait commencé à poindre. La disparition complète va cependant prendre le même temps, mais sans autre désagrément que son aspect disgracieux.



lundi 12 février 2018

Le JE vs le ON et le TU

Nous avons vu, dans les chapitres précédents, que le déséquilibre du Feu est responsable de bien des malaises et que l'affirmation de soi est le meilleur moyen pour harmoniser cet élément. L’essence du Feu est « Je crée ! », je crée ma vie ! Dans l'affirmation de soi, c'est ce Je qui se positionne, amoureusement pour lui d’abord et ensuite, amoureusement pour l'environnement. Ce Je qui n'est ni égocentrique ni égoïste, c'est le Je responsable de sa vie, c'est le Je des cinq éléments: le « Je suis ! » de l’Éther, le « Je veux ! » de l’Air, le «  Je crée ! » du Feu,  le « Je ressens ! » de l’Eau et le « J'ai ! » de la Terre.

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué que la plupart des gens parlent d'eux-mêmes en employant très souvent le on et le tu. Vous êtes probablement du lot sans vous en rendre compte car cette façon de parler est tellement répandue. Quand j’en fais prendre conscience à un client ou un élève, ils sont toujours surpris car ils ne se sont pas entendu le dire.

- On n'a pas le choix dans la vie ! Au lieu de je n'ai pas le choix.
- On s'en fout! Au lieu de je m'en fout. 
- On n'aime pas ces choses-là ! Au lieu de je n'aime pas ces choses-là.
- Tu sais, quand tu vis cette expérience, c'est traumatisant ! Au lieu de j'ai trouvé cette expérience       
   traumatisante.
- Imagine comment tu te sens à ce moment-là ! Au lieu de imagine comment je me sentais à ce moment.

Pourquoi, cet emploi du on et du tu? Parce que le Je a été malmenè dès l'enfance (Cf. Le Feu). Il était perçu et probablement exprimé aussi, comme un je égocentrique, un je-me-moi. À ce moment de vie, le Je n'avait pas le droit de se manifester, car mal compris et probablement dérangeant pour l’environnement. Ensuite, c’est l’école où le Je n’a pas le droit de sortir du rang, puis c’est le monde du travail où la plupart du temps, l’expression individuelle n’est pas encouragée. 

Alors l'individu en devenir enregistre que pour être accepté, voire aimé, il faut faire comme tout le monde, il faut être comme tout le monde, il doit employer le on qui signifie alors le nous, c’est-à-dire tout le monde. Employer le on quand nous parlons de nous-mêmes, nous rassure car il nous normalise. Tout le monde le fait, tout le monde le dit, tout le monde le vit de cette façon, donc nous sommes ok.

C'est une façon inconsciente de se déresponsabiliser, de ne pas assumer notre unicité, que nous n'avons possiblement pas découverte encore, par peur du jugement, par peur du rejet. En psychothérapie cette façon d'être est cataloguée comme un mécanisme de défense qui s'appelle la fuite et l'évitement. Le tu procède de cette même peur, de cette même déresponsabilisation. En effet, en incluant l'interlocuteur directement dans notre discours, c'est comme si nous l'obligions très subtilement à être d'accord avec nous afin de ne pas risquer d'être remis en question.

En prenant conscience de ce qui précède, nous avons ici un moyen simple de s’entraîner à apprivoiser le Feu, de retrouver notre pouvoir personnel et de s'affirmer, donc de s'aimer.  Je dis un moyen simple, mais ce n'est évidemment pas facile car l'habitude du on et du tu est tellement fortement ancrée que nous ne nous entendons même pas les prononcer. Mais difficile ne veut pas dire impossible, il s'agit de vouloir, de cultiver la détermination et la persévérance, d'entraîner notre vigilance et d’oser assumer notre unicité.

Extrait du livre: Guérir sa vie avec la Polarité

samedi 25 novembre 2017

POLARITÉ ET SPIRITUALITÉ

- Tout le monde veut aller au ciel, oui mais personne ne veut mourir ! Cette chanson popularisée dans les années '60 par Pétula Clark est encore tout-à-fait d'actualité aujourd'hui pour les personnes en démarche spirituelle. Nous n'avons qu'à remplacer le mot mourir par le mot changer. En effet, nous voudrions nous élever tout en gardant nos acquis, la croyance de qui nous pensons être, toutes nos pensées et attitudes, un Égo solide, bref tout ce qui nous tire vers le bas.

En Polarité, l'Éther représente l'énergie la plus spirituelle des cinq éléments qui nous constituent. Il est en quelque sorte, la jonction entre le monde matériel et le monde spirituel.  L'Éther nous apporte la Joie, la Paix, l'Amour, le Bonheur et la conscience de l'Instant présent. Aspirations on ne peut plus légitimes chez tout être humain. Cet état dans lequel nous pouvons peut-être baigner à l'occasion, est cependant très volatile car il est tributaire de l'équilibre des quatre autres : la Terre, l'Eau, le Feu et l'Air. Si la joie et la paix intérieure ne sont pas au rendez-vous, c'est donc dire qu'il y a un déséquilibre présent dans l'un ou l'autre des autres éléments. Cela implique que nous devions changer quelque chose dans nos comportements, dans nos pensées, nos perceptions ou nos attitudes.

L'essence de l'Éther est Je suis ! Pour affirmer cet état d'être qui nous rapproche du Nirvana, tous les éléments doivent être équilibrés et tous nous indiquent la façon d'y parvenir. La Polarité est la thérapie des pôles et en ce sens, elle nous donne la marche à suivre pour harmoniser ce qui est déséquilibré. Si nous sommes dans les peurs de la Terre, nous devons développer le courage, de les affronter. Pour l'attachement souffrant de l'Eau, il importe de cultiver le détachement. Aux frustrations et colère du Feu, nous pouvons substituer le lâcher-prise, le pardon et la saine affirmation de soi. Le désir et l'envie de l'air doivent céder leur place à la satisfaction du moment présent.

Évidemment, il faut d'abord s'initier à ces mondes que sont les éléments pour reconnaître leurs forces et leurs faiblesses.* Vous y apprendrez que la paresse, appartenant à l'élément Terre, est notre premier obstacle sur la route du développement spirituel . Ne dit-on pas que la paresse est la mère de tous les vices et de tous les maux ?

La vie est difficile !  La première phrase du livre de Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté  nous rappelle à quel point l'incarnation, la densification de notre énergie subtile est une épreuve intense. Cette matérialisation réfère à l'élément Terre dont l'ex/motion limitative s'exprime à travers le large éventail allant de la moindre insécurité jusqu'à la peur panique en passant par toutes les phobies. Peur des maladies, peur du manque d'argent, peur du futur, peur de l'autre, peur de perdre, peur de la mort, etc. Tout concourt aujourd'hui à nous ancrer dans la peur. Les pouvoirs en place, qu'ils soient politique, religieux ou médical ont bien compris que le meilleur outil de contrôle des masses est la peur. Si vous écoutez un tant soi peu la télévision, en plus des mauvaises nouvelles quotidiennes, les publicités pour les médicaments et les vaccins de toutes sortes pullulent pour nous convaincre qu'à tel âge ou tel autre, nous sommes à fort risque de contracter telle ou telle maladie et qu'il est indispensable de nous protéger contre l'inéluctable. Heureusement, comme c'est le cas pour tous les éléments, la Terre possède aussi son pôle positif, sa polarité inverse que sont le courage, la force, la structure et la détermination qui nous permettent d'affronter et de dépasser ce stade primaire relié à la survie.

Pour s'élever, nous devons également cultiver le détachement de l'Eau, car  la polarité négative de cet élément, l'attachement, nous empêche de nous sentir totalement libres.  Libres de dire oui, libres de dire non, sans ressentir la peur de perdre ou de blesser l'environnement. Dans notre éducation, ces notions d'attachement et de détachement sont très mal comprises. L'attachement est vue comme une preuve d'amour tandis que le détachement fait souvent référence à de l'indifférence ou de l'éloignement. Littéralement parlant, être attaché c'est se sentir prisonnier et être détaché c'est recouvrer la liberté. Le véritable détachement est amoureux, amour pour soi d'abord et amour qui peut ensuite rejaillir sur l'environnement. Le détachement amène l'individu à être honnête, congruent et intègre car il n'a rien à protéger. Anthony De Mello dans son magnifique livre Quand la conscience s'éveille, nous fait bien comprendre que l'attachement est la principale source de souffrance et un empêchement majeur à l'éveil spirituel.

La grande majorité des mal-a-dit sont de type inflammatoire. Étant donné que la maladie est le mal qui dit et qu'avant de s'installer dans le corps, elle était déjà là dans notre énergie, cela implique que nous avons accumulé à l'intérieur beaucoup de frustrations et ce depuis l'âge de deux-trois ans, âge de maturité de l'énergie Feu. La clé ici est la responsabilisation totale. Nous sommes totalement responsables de nos comportements et de nos réactions face à l'environnement et à tout ce qui peut nous arriver dans la vie. Ce ne sont pas les obstacles ni les contraintes qui sont le problème, mais bien notre perception de ceux-ci et notre façon d'y répondre. Responsabiliser les frustrations, la réactivité et la colère du Feu nous amènera à créer la vie que nous voulons en faisant confiance à notre seul pouvoir, car l'essence du Feu est Je crée ma vie ! Cette responsabilisation nous fera vivre plus de confiance en soi, plus de tolérance et moins de jugement envers soi et envers l'environnement, plus de saine affirmation de nos besoins réels et plus de capacité à les satisfaire.

Apaiser le désir, l'envie et toutes les petites et grandes insatisfactions quotidiennes qui sont le lot de l'élément Air, nous permettra d'accepter que tout est parfait, que le hasard n'existe pas, que tout a un sens et que finalement, tout passe et se transforme.

Les cinq éléments sont évidemment présents chez tout le monde et chacun peut souffrir du déséquilibre de l'un ou l'autre de ces éléments. Cependant, chaque personne est dominée par un ou deux de ces éléments qui se cachent derrière le signe astrologique et l'ascendant. Ce ou ces éléments peuvent manifester nos forces mais sont aussi les plus susceptibles de souffrir d'un déséquilibre. Dans la plupart des cas, ces éléments nous indiquent notre mission de vie, ce que nous avons le plus besoin de transformer, c'est-à-dire que nous seront généralement plus influencés par les émotions et les ex-motions de ces éléments.

Comme êtres incarnés, nous habitons maintenant un corps physique qui lui, nous aidera à conscientiser les blocages d'énergie que nous nous faisons vivre, en les manifestant de façon tangible. En effet, un blocage émotionnel (ex-motion) important sera toujours traduit par le corps sous forme de mal-être, de malaise, de mal-a-dit ou même d'un accident. Pour les dominantes Terre, celui-ci va refléter le déséquilibre de cet élément dans des zones bien précises comme le cou, le côlon ou les genoux. D'autres zones plus larges peuvent être touchées comme les os, la peau, les dents, les muscles, tendons, ligaments, bref tout ce qui est solide dans le corps.

Un déséquilibre Eau pourra se traduire au niveau de la poitrine, des organes génitaux, du bassin en général et des pieds. Il peut aussi affecter de façon plus globale, un ou l'autre liquide corporel car tous les liquides du corps sont sous la gouverne de cet élément.

Le Feu nous affecte tous de façon très importante, car la plupart des maladies sont de type inflammatoire. Cet élément doit donc être considéré encore plus sérieusement dans le décodage de toutes les parties du corps quand une inflammation est présente comme par exemple: bursite, gastrite, hépatite, otite, arthrite, etc., etc..  Son déséquilibre touche particulièrement la tête, les organes digestifs, les jambes et les vaisseaux sanguins.

Les dominantes Air en déséquilibre peuvent être affectées au niveau des chevilles, des reins, des épaules, des bras, des poumons et des circulations liquidiennes comme le sang et la lymphe. C'est dire l'importance d'apprendre ces mondes que sont les éléments nous constituant, pour nous permettre de décoder le plus rapidement possible l'énergie que nous avons tenté de bloquer et relancer le mouvement.

En fait, il n'existe que deux états fondamentaux : l'Amour et la Peur ! Toutes les autres émotions ne sont qu'une déclinaison particulière de ces deux états. Lequel choisissez-vous ? Bien sûr le choix semble facile (Tout le monde veut aller au ciel…), mais passer à l'action en développant une vigilance de tous les instants, une volonté inébranlable et une responsabilisation totale, demande un certain effort, pour ne pas dire un effort certain (du moins au début) et une implication sans faille. Chaque action quotidienne, la plus minuscule soit-elle, visant à harmoniser l'élément déséquilibré, sera vécue comme une grande victoire, une bonne dose d'amour pour soi qui nous encouragera à répéter l'expérience et nous rapprochera de plus en plus de notre but: la Joie profonde et la Paix intérieure.

* Pour en apprendre plus sur les éléments, procurez-vous mon livre Guérir sa vie avec la Polarité


jeudi 23 mars 2017

Oser la transparence

La personne et le personnage
Il y a deux facettes de soi chez la plupart des êtres humains : la personne véritable, l’Être profond, et le personnage dont un synonyme pourrait être : le paraître. Nous pourrions dire que nous connaissons relativement bien le deuxième mais que nous avons peu ou pas conscience du premier. Au début de son périple d’incarnation, la personne sait dans la profondeur de son être, qu’elle est une goutte d’eau unique et parfaite qui baigne dans un océan d’amour infini. Cependant, elle déchante rapidement quand elle se trouve confrontée à la réalité terrestre, relativement dépourvue de cet amour infini.

Dans ses premières années de vie, elle créera un personnage qui aura pour mission de quêter des bribes d’amour pour se nourrir car elle se rendra compte assez vite qu’elle doit louvoyer intelligemment pour survivre. Elle adoptera différentes stratégies dans différentes situations et avec différentes personnes pour se sentir aimée. Ces stratégies qu’on pourrait qualifier de mécanismes de survie, deviennent rapidement des mécanismes de défense, des espèces d’armures protectrices pour éviter d’être blessée et espérer en même temps, recevoir des miettes d’amour. Ce personnage est véritablement utile à cette époque, car un enfant est tellement fragile, une véritable éponge émotive qu’un rien peut bouleverser. Précisons ici qu’il n’est aucunement question de rejeter quelque faute que ce soit sur qui que ce soit et surtout pas sur nos parents qui ont fait ce qu’ils ont pu, avec ce qu’ils étaient. Il nous faut accepter qu’ils avaient eux aussi dans leur enfance, mis en place un personnage dédié à leur survie et qu’ils ont, comme la plupart des gens, oubliés d’enlever cette armure à un moment donné dans leur vie.

Avec votre petit bonhomme de trois ans, vous faites des courses de dernières minutes, au centre commercial, la veille de Noël. Il y a un monde fou, c’est la cohue, vous êtes stressé et tout d’un coup, vous échappez la main de votre enfant qui marchait à vos côtés. L’évènement ne dure que quelques secondes, mais vécu comme une éternité pour le petit bonhomme qui panique et se sent perdu dans une forêt de jambes. Vous le retrouvez presque immédiatement. Il a peur, il pleure. De deux choses l’une, vous le consolez en le prenant dans vos bras tout en validant son émotion, vous vous excusez de l’avoir échappé et vous lui promettez que ça n’arrivera plus. A ce moment, l’enfant sèche ses larmes, passe presqu’instantanément à autre chose et l’événement n’aura pas de conséquences fâcheuses. Dans l’autre scénario, vous lui faites des remontrances en lui disant de ne plus vous lâcher la main, vous banalisez son émotion: - Arrête de pleurer, tu n’es plus un bébé ! À ce moment, un sentiment d’abandon peut s’installer et perdurer une bonne partie de sa vie.
Vous trouvez que j’exagère ?

Sophie me consulte à 17 ans parce qu’elle est mal dans sa peau. Au cours de l’entrevue, je lui raconte ce scénario inventé de toutes pièces et que je raconte souvent à mes clients pour illustrer la fragilité d’un enfant. Elle me regarde ébahie en me disant que c’est exactement ce qui lui est arrivé à l’âge de trois ans. Son réflexe de peur avait été à ce moment, d’agripper la première jambe à sa portée. En levant la tête, elle a constaté que c’était la jambe d’un monsieur inconnu et elle a eu honte ! Vous conviendrez avec moi que la honte n’est pas un sentiment habituel chez une enfant de trois ans. Deux ans plus tard, jouant avec d’autres enfants, elle bouscule malencontreusement une fillette plus jeune qui se fait mal en tombant. Les adultes présents lui font des remontrances et ce sentiment de honte refait surface. À partir de ce moment, Sophie a mis en place son personnage et développé toutes les stratégies possibles pour ne plus être confrontée à cette honte dévalorisante. Elle a fait en sorte que son personnage réponde à toutes les demandes de l’environnement pour qu’il n’ait plus jamais rien à lui reprocher, quitte pour cela à renier ses propres besoins et aspirations. Aujourd’hui, à 17 ans, elle ne veut plus jouer ce rôle et consulte pour ce défaire de ce sentiment qui pourrit littéralement sa vie.

Je le répète, ces mécanismes de survie ont été essentiels à une époque donnée. Le problème est qu’en grandissant, en acquérant une expérience de vie qui nous fortifie, nous oublions d’enlever ces armures qui nous alourdissent et ces masques qui font qu’on ne reconnait pas sa véritable personne en se regardant dans le miroir. Le conflit intérieur ainsi engendré est responsable de la plupart de nos mal-être et mal-a-dit car comment pouvons-nous créer notre vie et nous réaliser, en jouant constamment un rôle qui ne nous convient plus ? Bien sûr, en général nous ne sommes pas conscients de cette pièce de théâtre qui se joue et dont le scénario a été écrit il y a fort longtemps. Le mal-a-dit est là pour essayer de nous rappeler d’en changer, de retrouver la vraie personne que nous sommes et qui va mieux correspondre à la réalité à laquelle nous aspirons. 

Je vous suggère ici, le moyen le plus performant quoique le plus risqué, pour vous unifier : oser la transparence ! Risquer l’authenticité ! Car il s’agit bien de prendre des risques. Risquer d’être nous-mêmes va bousculer tout notre environnement qui se sentira insécurisé par notre transformation. Étant donné que nous sommes attachés à notre personnage et à notre environnement, nous devrons accepter de vivre de multiples deuils et probablement une certaine solitude car nous n’aurons plus notre place dans la pièce de théâtre que nous jouions jusqu’à maintenant. Tenter de devenir qui nous sommes vraiment, c’est se rapprocher de notre essence divine, c’est développer le courage de se détacher totalement, de se pardonner réellement et de retrouver la satisfaction de vivre ici et maintenant, dans la joie, la paix et l’harmonie de l’Éther.

La difficulté est de savoir qui nous sommes vraiment et les informations que je vous partage dans mon livre vont en ce sens. Plus nous nous introspectons, plus nous faisons confiance à notre ressenti, notre petite voix intérieure, plus nous questionnons nos modes de réaction, plus nous reconnaissons la personne que nous sommes, plus nous faisons preuve d’authenticité et plus nous nous rapprochons de nous-mêmes et de cet océan d’amour infini. Les voies de guérison sont multiples et je me permettrai ici de vous suggérer fortement le livre de Colette Portelance, Relation d’aide et amour de soi, qui vous éclairera sur les mécanismes de défense, les patterns et autres masques que la plupart d’entre nous portons, tout en vous faisant découvrir certains aspects de votre personne qui contribueront à vous réconcilier avec vous-mêmes. 

Extrait du livre Guérir sa vie avec la Polarité, Éd. de L'Apothéose

lundi 6 mars 2017

La douleur chronique

Depuis quelque temps déjà, ma pensée et mon cœur, sont habités par la souffrance humaine et en fait, par la souffrance de tous les êtres vivants et de la terre elle-même. Je crois sincèrement que rares sont les personnes qui ne vivent pas une souffrance plus ou moins intense, qu'elle soit physique, psychologique ou émotive. Et pour la plupart d'entre elles, la (mauvaise) stratégie consiste à se contracter pour maintenir un semblant de vie acceptable. Plusieurs personnes aussi, totalement inconscientes de leur souffrance intérieure, la font subir aux gens autour d'elles à travers les mécanismes de défense qu'elles ont mis en place, pour justement ne pas ressentir leur douleur.

Dernièrement, j'ai été interpellé par le sujet de la douleur chronique, à cause de quelques émissions de télé et aussi parce que ma fédération professionnelle organise un colloque sur ce problème que vivent de plus en plus de gens.

Dans ces émissions, j'entends parler d'acceptation de cet état, de moyens pour favoriser cette acceptation et de quelques outils visant à diminuer cette douleur. Je dis bravo, car tous les moyens sont bienvenus pour soulager la douleur quand celle-ci nous empêche de fonctionner ou de jouir pleinement de la vie. Cependant, soulager n'est pas guérir et les personnes continuent de souffrir, même si peut-être à un moindre degré ! Je n'entends jamais parler dans les médias officiels, de la possibilité de se libérer totalement de cette douleur. Et pourtant, la possibilité existe ! Plusieurs personnes très souffrantes que j'ai eu le privilège d'accompagner au cours de mes plus de trente années de pratique de la Polarité ont réussi, avec beaucoup de courage et une grande volonté de débusquer en elles la douleur émotive, à se libérer de la douleur physique.

Il faut savoir que tout blocage d'énergie dans l'un ou l'autre des éléments qui nous constituent soit l'Éther, l'Air, le Feu, l'Eau et la Terre, va se retrouver un jour dans cette dernière. Le corps physique gouverné par l'élément Terre, est la résultante de tout ce qui se vit dans les énergies plus subtiles. La cause véritable des douleurs et maladies ne s'y trouve donc pas et n'intervenir qu'à ce niveau pourra peut-être soulager, mais apportera rarement la véritable guérison.

Presque toutes les douleurs physiques proviennent d'une retenue de l'élément Feu qui dit: Je crée ma vie ! Henri Laborit décrivait ce phénomène comme étant l’inhibition de l'action. Cette retenue de la création de sa vie cause évidemment une frustration profonde qui se cristallise et à la longue, finit par être exprimée par le corps. Identifier cette frustration et surtout remettre en mouvement cette inhibition en posant une action, relance la circulation de vie.

La plupart des personnes qui vivent avec de la douleur chronique disent évidemment qu'elles veulent  guérir et certaines sont même très proactives en consultant divers professionnels, en s'informant à droite et à gauche. Pourtant, malgré divers traitements, médicaments, produits naturels et autres, elles sont toujours aux prises avec leur problème ! En fait, elles souhaitent arrêter de souffrir, ce qui n'est pas la même chose que le vouloir de l'Air. Dans le souhait, on espère le miracle, la guérison comme par magie. Le JE VEUX est plus déterminé et déterminant, il implique que l'on récupère et actualise son pouvoir personnel. 

La douleur est à l'intérieur, et plonger en soi pour tenter d'identifier l'ex-motion demande une bonne dose de courage, d'honnêteté envers soi-même et d'humilité. C'est cependant le seul moyen pour libérer l'é/motion, favorisant ainsi l'action juste du Feu qui mène à la guérison. C'est à ce moment que se produit la véritable magie, car c'est l'âme (qui) agit ! Le JE VEUX de l'Air libère la puissance guérissante de l'Amour. Amour de soi d'abord et amour qui rejaillit ensuite forcément sur l'environnement.

À mes clients qui trouvent difficile de se responsabiliser face à leur souffrance, de s'observer, de se questionner, de cultiver la vigilance, je pose la question: Est-il plus facile de souffrir ? Ils acquiescent généralement à mon point de vue, silencieusement, en hochant la tête, mais je lis souvent une certaine impuissance dans leurs yeux face à une tâche qu'ils jugent titanesque. Vous connaissez l'expression qui dit: mettre l'épaule à la roue ? Hé bien, au début la roue est plus carrée que ronde et elle demande évidemment un gros effort pour la faire rouler, mais plus vous poussez dessus, plus les coins s'usent et plus elle tourne facilement, jusqu'à avancer presque d'elle-même.

En terminant, car vous allez certainement poser la question, qu'advient-il des personnes qui souffrent de douleur chronique suite à un accident, une opération, ou un quelconque traumatisme ? Je vous répondrai que le hasard n'existe pas et qu'il devait forcément y avoir une inhibition intérieure, une ex-motion cristallisée, antérieure à l'événement pour que le corps la manifeste de cette façon. Malheureusement, quand le corps physique (la Terre) est vraiment hypothéqué, le retour en arrière est plus difficile, voire impossible. Cependant, conscientiser l'ex-motion que vous viviez dans les moments précédents cet accident pourra possiblement vous procurer un certain soulagement et certainement prévenir un autre épisode du genre... si vous prenez la décision de remettre cette énergie en mouvement. 

* Pour en apprendre plus sur les éléments et leur interaction, voir l'onglet Le corps sait sur mon site web ou mieux encore, procurez-vous mon livre Guérir sa vie avec la Polarité qui contient plusieurs histoire de vie qui peut-être, ressemblent à la vôtre.

Vous avez encore quelques instants à vous consacrer ? Je vous encourage à lire ce très beau texte qui m'a touché au plus haut point à l'époque et qui me touche encore aujourd'hui à chaque début de formation quand j'en fais la lecture à mes élèves. Il a été le déclencheur de la prise de conscience la plus importante de ma vie. Merci Michel de l'avoir formulé de si belle façon. 
  

LE BONHEUR D'ÊTRE THÉRAPEUTE

PAR MICHEL PRUNEAU

Lorsque, dans les années 70, les études scientifiques du professeur Henri Laborit ont démontré que la maladie était résultat physiologique de l'état d'inhibition de l'action, j'étais un adolescent en pleine crise existentielle. Ne sachant plus ce que je faisais dans la vie, au sens propre et au sens figuré, je percevais le monde comme un vaste mensonge, une course à obstacles où s'agitaient les esprits et les corps pour oublier la mort. Je ne connaissais pas encore les travaux de Laborit, mais je connaissais de l'intérieur l'état d'«inhibition de l'action».

Un jour, une amie m'a demandé de l'accompagner chez son acupuncteur. Dans un état de fébrilité que je ne comprenais pas.je me suis retrouvé chez Jean-André Pierre, un acupuncteur d'origine française. Cette rencontre fut déterminante. J'étais assis dans le bureau de cet homme rayonnant et j'éprouvais de la fascination pour la qualité de son écoute, pendant que mon amie expliquait ses maux. Je me souviens clairement du calme de cet homme qui savait être en paix au cœur de la douleur humaine. Bien qu'il prît les symptômes physiques au sérieux, je l’ai toujours vu se centrer sur les émotions profondes qui sous-tendaient ces malaises. Devant la tristesse ou la rancœur, Docteur Pierre, on l'appelait, possédait une qualité d'accueil qui permettait l'émergence du désir de croître.

Lors de nos rencontres subséquentes, un phénomène se produisit que je n'oublierai jamais: comme si son âme était plus vaste que mon angoisse, j'ai compris alors qu'il était impossible de faire disparaître l'impression de vide qui m'habitait. Toute l'angoisse résidait dans mon refus de cette sensation. Il ne me restait plus qu'à habiter ce vide, comme le font les maîtres zen. De malade énergétique que j'étais, je suis devenu privilégié. Hippocrate disait qu'un thérapeute est un médiateur entre le monde des dieux et celui des hommes. Si Docteur Pierre avait eu peur de mon angoisse, si le vide de sens ou l'absurdité de la mort lui avaient été étrangers, il aurait utilisé son arsenal énergétique pour faire disparaître mon état, dérangeant pour lui. Lorsque le Docteur Pierre mourut d'un cancer des os, je suivais alors une formation en massothérapie et en acupuncture. Je réalisai qu'une grande âme de thérapeute n'est pas à l'abri de la vie et de la mort mais que, bien au contraire, elle s'y plonge tout entière. 

Quelques années plus tard, j'accueillais un de mes premiers clients, un homme âgé, aux prises avec une difficulté respiratoire diagnostiquée comme étant un début d'emphysème. Je tentai de lui venir en aide par un traitement approprié, mais ce fut sans effet, jusqu'au moment où je pris le risque d'entendre cet homme. Au cœur de son expérience d'inhibition se trouvait un profond sentiment d'inutilité sociale, d'impuissance et d'angoisse devant la mort; mais il refoulait son drame. Sa tristesse, son désespoir et le caractère étouffant de ces émotions me poussaient à me retrancher derrière ma compétence de thérapeute.

Ce désespoir me renvoyait à l'image de mon grand-père, et l'anxiété que je ressentais témoignait de ma propre angoisse de la mort. J'avouai au vieil homme le rapprochement que je faisais, et le sentiment que cela provoquait en moi. Il se mit à pleurer, doucement d'abord, puis à sanglots par la suite. J'ai reçu sa peine avec la curieuse impression qu'une partie de moi, liée à mon grand-père décédé, se libérait. Après quelques minutes, et quelques soupirs, il me dit: «Depuis que je ne suis plus un enfant, je n'avais pas pleuré. Ça fait longtemps que je n'avais pas respiré aussi bien.»

Le travail du thérapeute consiste à débusquer l'inhibition, en soi d'abord. Chaque symptôme est une énigme qui cache la voie vers un trésor du cœur, atteignant aussi la vie intérieure du thérapeute, quelle que soit la médecine qu'il pratique. Récemment, je recevais en consultation une femme d'une soixantaine d’années qui se plaignait d’une douleur au genou. Par ailleurs, l'inhibition dont elle souffrait était liée à une difficulté relationnelle avec son mari. Elle était dominée par lui et ne possédait ni autonomie financière, ni liberté d'action. Il aurait été bien plus facile de ne pas voir cette réalité sous-jacente, et de perpétuer le pouvoir mâle en intervenant sans rechercher le sens de la douleur. C'eût été d'ailleurs la voie rentable financièrement: me taire, utiliser mon pouvoir et traiter.

J'ai choisi de parler, mais, ma patiente refusa net mes théories. Elle ne pouvait accepter qu'il y ait un lien entre sa douleur au genou et sa situation conjugale. Elle me dit un peu sèchement que mon bureau était bien loin de sa résidence et qu'elle me téléphonerait pour un prochain rendez-vous. Avant qu'elle ne me quitte, je lui souhaitai de réaliser ses rêves, que sa santé y était intimement liée. Elle me téléphona deux mois plus tard et me dit d'un air joyeux: "Vous aviez raison en ce qui concerne les rêves. Une amie vient de me proposer une fin de semaine dans une auberge de santé et j'ai dit oui, sans même demander la permission à mon mari. Je voulais vous remercier.»

J'ai failli lui demander comment allait son genou mais, par bonheur, j'ai réussi à me taire. La santé n'est pas dans le genou, et elle ne m'en avait pas parlé. En raccrochant.je sentais que l'humanité venait de faire un pas. Je me sentais plus libre.

Michel Pruneau est responsable de l'École de santé holistique du cégep Marie-Victorin ainsi que du programme de formation professionnelle en massothérapie et relation d'aide. Il est également auteur de : La santé n'est pas l'absence de maladie (1988) et Cœur de père (1990), parus chez Libre Expression.

Guide Ressources, juin 1995




mardi 22 novembre 2016

Le temps et sa relativité: l'élément Éther

S'il est un attribut de l'Éther que je pourrais bonifier dans mon livre* c'est sa notion temporelle ! En effet, je n'en ai parlé que par rapport au déséquilibre de la glande thyroïde qui indique une urgence d'exprimer les émotions bloquées.

J'y ai beaucoup réfléchi depuis et je voudrais maintenant replacer cette notion temporelle dans la réalité du quotidien. Pas le temps, Manque de temps, Temps perdu, Temps qui fuit, file ou s'envole, Faute de temps, Courir après le temps, etc. Que d'expressions lui sont consacré et la plupart pour souligner la difficulté à vivre l'instant présent.

La plupart des gens dit conscients, essaient de trouver du temps pour... vivre l'instant présent ! En fait, ils essaient de trouver du temps pour au moins, lire les livres des grands maîtres qui parlent de l'instant présent. Peut-être que ces personnes se disent qu'à la retraite, elles pourront se mettre à pratiquer l'instant présent, sous forme de méditation, de relaxation, d'ateliers de croissance, etc.

En Polarité, l'instant présent correspond à l'élément Éther dont l'essence est Je suis ! et l'émotion/sentiment, la JOIE ! Si nous sommes incapables de vivre l'instant présent, de nous sentir en paix, c'est le signe d'une disharmonie dans l'un ou l'autre des autres éléments.  Nous vivons l'insatisfaction et le désir de l'Air, la frustration et la rancune du Feu, l'attachement de l'Eau et/ou les insécurités/peurs de la Terre. Nous nous rappellerons que l'Éther est tributaire du bon équilibre de tous les éléments. 

Notre relation au temps est presque toujours en fonction de ce qu'il y a à faire. C'est normal me direz-vous, il y a tant de choses à faire dans une journée et nous manquons de temps pour toutes les faire. Et si cet élément Éther concernait plus l'être que le faire ? Dans mon livre, je parle du prédateur de l'homme qui est le rythme de vie. Ce rythme effréné auquel nous tentons de nous ajuster car nous nous disons que nous n'avons pas le choix pour survivre. Et si c'était le contraire ? Et si nous mourrions à petit feu en essayant de courir après le temps qui nous échappe toujours ?

Je pense très souvent à l'histoire de la grenouille que l'on met dans un chaudron d'eau froide dont nous augmentons la température petit à petit. Confortable dans l'eau qui se réchauffe tranquillement, la grenouille ne cherche pas à en sortir jusqu'au moment où elle meurt ébouillantée. Je crois qu'à notre époque, notre chaudron d'eau à nous les humains, ce sont les technologies.

Les technologies sont perçues comme un avancement pour l'humanité, elles nous permettent de faire tellement plus de choses et tellement plus rapidement. Elles ont aussi leur envers de médaille en ce sens que le temps qu'elles sont sensées nous sauver, elles nous le font perdre de bien des façons. La télévision, l'internet, le cellulaire, tous des outils utiles, mais qui se transforment souvent en abrutissement des masses.  J'entends certaines personnes me dire que la télévision et l'internet nous donnent accès à l'information et nous permettent de voyager sur la planète en ne bougeant pas de la maison. C'est vrai et c'est là le bon côté de la médaille, mais cet accès vient aussi avec une sollicitation à laquelle nous avons de plus en plus de difficulté à résister. La publicité qui nous incite à sur-consommer, plein d'émissions intéressantes qui sont sensées nous informer et/ou nous divertir, un Facebook qui nous bouffe le temps que nous n'avons pas et qui nous fait croire que nous communiquons, YouTube et compagnie avec des vidéos de chats tellement mignons, etc.

Et que dire du cellulaire, tellement pratique que nous le consultons à toutes les trois minutes, tellement important qu'un couple qui s'attable dans un café passe plus de temps à regarder leurs téléphones qu'à se parler. Cette cyberdépendance est tellement pernicieuse et répandue, qu'elle est maintenant considérée comme une nouvelle maladie à traiter. Dans notre recherche du bonheur nous confondons instant présent et instantanéité !

Outre la paix, la joie et le bonheur qu'il nous procure, l'élément Éther est aussi la capacité à prendre une distance face à ce que l'on vit. Mais de nos jours, il semble que notre vécu soit assez pénible que, comme la grenouille, il soit plus agréable et facile de s'immerger dans le chaudron technologique qui nous le fait oublier.

Comment accéder à cet état réel de paix intérieure plutôt que de se fuir dans cette quête absolue du divertissement, du virtuel et de la pseudo communication qui nous éloigne de nous-même, de notre ressenti, de notre attention aux autres et au monde qui nous entoure ? Comme le disait Anthony De Mello**, philosophe et maître spirituel: « Le monde est empli de souffrance. La racine de la souffrance est l’attachement. Pour déraciner la souffrance, il faut déraciner, abandonner les attachements ».

Tranche de vie

Je regardais ce matin par ma fenêtre et je me suis attardé pendant au moins cinq bonnes minutes à observer 2 écureuils qui se trouvaient dans le cerisier japonais à quelques mètres de moi. L'un deux dégustait à qui mieux mieux les cerises encore toutes attachées à l'arbre en ce temps-ci de l'année. L'autre le suivait et tentait de l'imiter mais ne semblait pas du tout aimer le goût de ce petit fruit dont son compagnon se délectait. Pourtant comme lui, il courait de branches en branches, sentait le fruit, mais sans en prendre une seule bouchée. Je me suis d'abord questionné sur le pourquoi de ce comportement différent chez deux animaux de la même famille. Puis réalisant rapidement que je ne le saurais jamais et que ça n'avait somme toute, aucune importance, je me suis totalement immergé dans l'observation pure.

Histoire banale me direz-vous ? Insignifiante même ? Pourtant pendant mon observation, le temps avait semblé s'arrêter, une certaine paix m'habitait et surtout un sentiment de joie et même de reconnaissance de pouvoir partager cette tranche de vie animalière. J'étais complètement absorbé dans cet instant présent !

* Guérir sa vie avec la Polarité, découvrir le sens caché de nos mal-être, malaises et maladies. 
   Aux éditions de l'Apothéose

** Redécouvrir la vie, éd. Albin Michel

mardi 8 mars 2016

Célébrons le féminin en nous

Chaque être humain est constitué d'une partie masculine et d'une partie féminine, représentés en Polarité par l'élément Feu et l'élément Eau. Le Feu est masculin et émissif, c'est à dire tourné vers l'extérieur et l'Eau est féminine et réceptive, plus portée à l'intériorité.

C'est une vérité de La Palice de dire que physiologiquement, le Feu est plus présent chez l'homme et l'Eau plus présente chez la femme et ce, dès la naissance. Et pourtant, ces deux énergies sont aussi importantes l'une que l'autre pour nous permettre de devenir un être humain complet.

Au moins, dans l'aspect énergétique des choses, pouvons-nous parler ici d'égalité des principes.

Les problèmes dans notre société actuelle concernant les inégalités homme-femme, prennent naissance ici, c'est-à-dire quand nous ne développons pas harmonieusement l'une et l'autre de ces énergies. Ceci est dû au fait que la société privilégie l'aspect masculin au détriment du féminin. Pour réussir dans la vie, nous sommes encouragés à être compétitifs, agressifs, calculateurs, axés sur le travail, l'argent, etc. Tous des attributs masculins !

Il faut savoir que le Feu se mature autour de l'âge de deux-trois ans et que dès ce moment, l'éducation en général et la morale sociale entrent en jeu pour mettre un couvercle sur cette énergie plutôt dérangeante pour l'environnement car le Feu est actif... et quelques fois hyperactif ! Son essence est JE CRÉE, je crée ma vie ! Mais comment un enfant de cet âge peut-il créer sa vie ? Alors, on se charge de la créer pour lui, on l'éduque! Un garçon ne doit pas pleurer... comme une fille. Une fille ne doit pas se battre... comme un garçon. Une fille joue à la poupée et un garçon avec des camions. Si le contraire se produit, toujours selon les stéréotypes sociaux, la petite fille risque de devenir un garçon manqué et le garçon pourrait développer des tendances efféminées. Un garçon c'est fort et une fille c'est fragile. Etc., etc. !

Le petit garçon de par son essence masculine est déjà plus Feu (extériorisation) que la petite fille qui elle, dans son essence féminine est plus dominée par l'Eau (intériorisation). Ce qui pourrait expliquer en partie que les garçons en général, souffrent plus d'hyperactivité et de déficit d'attention que la petite fille.

L'énergie de l'Eau devient mature à la puberté et donc, on pourrait en déduire que jusqu'à ce moment, le Feu, déjà mature, est plus présent chez les deux sexes . Cependant, la jeune fille est ici désavantagée car chez elle, le Feu (masculin) a été moins valorisé que chez le garçon. Dans cette énergie, nous retrouvons la notion de confiance en soi et celle-ci est nécessaire pour créer sa vie. C'est cette confiance qui fait souvent défaut à la gent féminine. J'en veux pour preuve le nombre de femmes reçues en consultation ou dans les formations, dont une des demandes est de développer la confiance en soi.

L'essence de l'Eau est JE RESSENS et prend toute sa force à la puberté, mais ce ressenti n'est ni reçu, ni valorisé par l'environnement, exactement comme le Feu au moment de sa maturation. Tu as de la peine ? Ben non, ben non voyons! Tu as peur ? Y a pas de raisons voyons ! Tu es en colère ? C'est pas beau d'être en colère ! Tu ne dois pas ressentir ceci ou cela ! Etc., etc.

Qu'est-ce qui fait que le ressenti de l'autre nous dérange au point de le nier, au point de vouloir le changer ? Peut-être est-ce parce que noue ne nous donnons pas la permission d'être en contact avec notre propre senti ! Peut-être que nous ne pouvons accueillir l'autre dans ce qu'il est, dans ce qu'il vit, dans ce qu'il ressent, parce que notre propre élément Eau est lui-même en déséquilibre ! Dans l'Eau, nous retrouvons les notions d'accueil, de réceptivité et de prendre soin. Est-ce si difficile d'accueillir l'autre dans ce qu'il est ? Est-ce si difficile de s'accueillir soi-même dans ce que l'on ressent ? Pourtant toutes nos actions devraient s'exprimer à partir de notre ressenti si nous voulons qu'elles portent fruit de façon satisfaisante pour nous et pour l'environnement dans lequel nous vivons.

Ces deux énergies sont donc déséquilibrées également chez les deux sexes ce qui occasionne frustration et colère pour les deux. Chez l'homme, le déséquilibre du Feu peut dégénérer en attitude de domination, en violence verbale ou physique et même en tyrannie. Chez la femme, la colère peut aussi certainement se manifester mais habituellement d'une façon moins violente que chez l'homme. On n'a jamais vu une femme responsable d'une tuerie de masse comme il s'en produit de plus en plus fréquemment en Amérique du nord, entre autres. Non, chez la femme ce déséquilibre du Feu se traduira plus souvent qu'autrement par un manque de confiance en soi et des frustrations contenues qui vont déséquilibrer son élément Air, suscitant désir, envie et jalousie.

Ce Feu déséquilibré contribuera au déséquilibre de l'Eau déjà fragilisée, en l'évaporant. Ce qui pourra se traduire plus particulièrement chez l'homme, par une négation ou une non-écoute de son ressenti et par une coupure émotionnelle. Chez la femme, nous pourrons voir une tendance à la victimisation et à la dépendance affective.

Évidemment, nous pouvons retrouver toutes ces attitudes chez les deux sexes dépendamment de nos dominantes énergétiques de base. (Pour mieux comprendre les dominantes énergétiques de base, voir  "Le corps sait" à l'article: Le déterminisme énergétique)

Ce qui veut dire, égalité oblige, qu'autant l'homme que la femme doivent mettre toute leur conscience, leur volonté et leur détermination à harmoniser ces deux énergies pour se vivre pleinement et positivement. Ainsi, peut-être qu'un jour les oppositions et les inégalités tomberont d'elles-mêmes.

Alors, en cette journée et pour toutes les autres à venir, célébrons le féminin (le ressenti de l'Eau) en nous car ce n'est qu'à partir de celui-ci que notre masculin (l'action créatrice du Feu) pourra s'affirmer dans toute sa passion et sa créativité !